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L’histoire du Domaine

Au commencement, il y eut Henri Sélèque, le grand-père de Jean-Marc, qui arriva de sa Pologne natale en 1925. Adulte, il s’installe dans une ferme à Boursault, avec sa femme Françoise Bagnost. Dans les années 1960, Henri plante des vignes dans le secteur déjà très réputé de Moussy et de Pierry. Il élabore et commercialise ses premières bouteilles, dès 1969, avec l’aide de son beau-père, Jean Bagnost qui préside à l’époque aux destinées de la coopérative de Pierry.

En 1974, l’arrivée au Domaine de Richard, le fils de Françoise et Henri, marque une étape importante dans l’aventure viticole familiale. Diplômé d’œnologie, Richard va largement contribuer à moderniser les pratiques et préciser les méthodes de vinification et d’élevage. Soucieux de maîtriser toutes les étapes de l’élaboration du champagne, il s’équipe de tout le matériel nécessaire : pressoir, cuves Inox, futaille… Allant jusqu’à acheter sa propre ligne de tirage et de dégorgement. En parallèle, Richard et son père n’hésitent pas à acquérir ou planter de nouvelles parcelles lorsque des opportunités se présentent, à condition bien sûr, que celles-ci se situent sur des terroirs très qualitatifs. A Pierry et Moussy, mais aussi du côté de Dizy ou Mardeuil, dans la Vallée de la Marne, ou à Vertus, sur la Côte des Blancs. La rigueur technique de Richard, tant à la vigne qu’au chai, continue d’imprégner l’esprit et la culture du Domaine.

Jean-Marc Sélèque, le fils de Richard, revient au Domaine en 2008, après des études viti-œnologiques et un passage très formateur dans plusieurs vignobles du « Nouveau-Monde », propriétés de la Maison Chandon. De son expérience au cœur de la Napa Valley californienne puis dans la Yara Valley australienne, Jean-Marc revient avec un très solide bagage technique et un souci constant de la précision. Mais il a également pris conscience, pendant ce séjour passé bien loin de sa Champagne natale, des limites d’une vision résolument technologique du vin, faite d’incessantes corrections en cave qui n’ont finalement d’autres buts que de standardiser les goûts et les textures. 

Dès lors, Jean-Marc n’aura de cesse d’inscrire son travail dans une vision artisanale du vin de Champagne, à la recherche d’authenticité et d’une expression la plus juste et naturelle des terroirs. La technique moderne reste précieuse bien sûr, mais seulement si elle respecte les cycles naturels et reste au service de la plante, du fruit et de son environnement. Aussi, Jean-Marc, son épouse Oriane et leur équipe n’ont-ils pas hésité à déménager en 2015 dans un tout nouveau chai ultra-fonctionnel. Ces installations permettent de travailler au maximum par gravité afin de préserver l’intégrité des raisins et des jus. Elles sont équipées des dernières générations de matériel : on pense en particulier à ce pressoir Coquard à plateau incliné, qui offre une très haute précision et permet de rafraîchir les jus au pressurage. Enfin, la surface accrue de ce nouveau chai enterré permet à Jean-Marc d’affiner encore vinifications et élevages, en ayant recours à des contenants de nature et de formats très diversifiés (cuves Inox, foudres et fûts ou encore quelques amphores).

Dans cette Champagne en plein renouveau qualitatif, dans cette Champagne qui redécouvre la notion de terroir, dans cette Champagne qui refuse la course aux rendements, dans cette Champagne où l’artisan-vigneron retrouve toute sa place, au côté des grandes marques internationales, Jean-Marc Sélèque fait partie de cette avant-garde qui montre la voie et n’hésite pas à afficher ses convictions.